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Portrait Eléonore Laloux : quand trisomie 21 rime avec engagement politique

A 34 ans, Eléonore Laloux pourrait être la première élue porteuse de trisomie 21 en France mais aussi en Europe. En attendant le 22 mars 2020, elle partage ses idées pour Arras et sa motivation à changer les choses.

Par Nadège Hubert

« Je n’ai pas peur parce que je suis une battante ! »

Eléonore Laloux n’a pas hésité à accepter la proposition de Frédéric Leturque, maire sortant d’Arras et candidat à sa propre succession.

Il y a deux ans déjà, la jeune femme lui exposait ses propositions pour améliorer sa ville de naissance.

« On se connait depuis vingt ans avec le maire. Il me fait confiance et je lui fais confiance » insiste la candidate.

Placée en position éligible sur la liste du maire sortant, elle n’y voit aucune volonté de faire un coup de pub.

Bien accueillie par les colistier.e.s comme par les habitant.e.s, elle apparaît même comme un exemple pour des personnes en situation de handicap.

Dynamique, motivée, sa maladie n’a pas été un frein à son intégration.

« Les gens semblent fiers de ce que je fais et m’apportent beaucoup de soutien.  Les personnes en situation de handicap ont toute leur place dans la société et je me bats pour cette inclusion. »

Même si elle avoue ne s’y connaître que peu en politique, elle a déjà partagé ses idées auprès d’une conseillère de François Hollande et échangé avec Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées. 

Changer les choses 

Eléonore Laloux a plus d’un cheval de bataille. La propreté, le respect et l’accessibilité pointent en tête de liste.

« J’en ai marre de voir des mégots ou des crottes de chiens dans les rues, j’imagine plus de boites ou de sacs à crotte. Le rôle de l’élu est d’entretenir la ville pour en donner une bonne image. »

Intégrer le braille sur les trottoirs fait également partie de ses idées pour rendre Arras plus accessible.

Véritable boute-en-train pétillant et souriant affichant des tenues colorées et joyeuses, la trentenaire fait souffler un vent nouveau sur la politique. Pour preuve les nombreuses interviews pour lesquelles elle est sollicitée. « J’aime bien répondre à la presse, ça m’amuse beaucoup ! »

Qu’on ne s’y trompe pas, sa trisomie 21 n’empêche pas Eléonore Laloux d’avoir une vie comme les autres. Agente administrative à l’hôpital, elle vit seule dans son appartement du centre-ville d’Arras depuis plusieurs années.

La poursuite d’un engagement

A 34 ans, elle est également l’auteure d’un ouvrage, « Triso et alors ! », paru en 2014 aux éditions Max Milo. Enfin, elle assure le rôle de porte-parole de l’association Les Amis d’Eléonore. Celle-ci défend la cause des personnes porteuses de trisomie 21 et lutte contre la stigmatisation de la maladie.

La candidate est accompagnée dans son aventure politique par une élue, professionnelle du handicap, Sylvie Noclercq, elle aussi sur la liste de Frédéric Leturque.

Le jour des élections, elle ira voter et attendra avec impatience le résultat. Si elle est élue, elle deviendrait la seule élue porteuse d’une trisomie 21 en France et en Europe. Une idée qui la rend fière tandis que sa principale inquiétude est ailleurs.

« Le plus difficile, ce sera de gérer mon emploi du temps ! »