Pas moins de trois années, c’est ce qu’a tenu le conseil municipal du Havre à consacrer à une grande concertation pour la rénovation d’un quartier de son centre-ville. Cette initiative audacieuse et inédite par son ampleur a donné les clés essentielles à la réussite du projet urbain de ce territoire.

La concertation : étape incontournable pour rénover le quartier

Pour la rénovation du quartier Danton, situé dans le centre historique de la ville, la mairie du Havre a eu l’idée ingénieuse d’impliquer directement les citoyens dans ce grand projet urbain. 

Ainsi, de 2012 à 2015, les habitants du centre-ville ont pu s’exprimer sur les travaux de rénovation de leur quartier à chaque étape du projet. Une concertation qui s’est faite en lien avec les équipes d’urbanistes, les services de la ville, et les élus.

Pour mieux fédérer et convaincre les habitants de la pertinence du projet, les élus n’ont pas manqué de profiter de ce temps de concertation pour relancer la vie du quartier. Dès 2012, le Havre a organisé de nombreuses animations de rue, créé une fête du quartier, le festival « Habitants en scène », mis en place des ateliers sur le street art, etc. à la grande joie des habitants.

Dépasser le cadre réglementaire pour faire vivre la dynamique citoyenne

C’est en 2010 que les élus du Havre sont pour la première fois confrontés à l’urgence de repenser le quartier Danton qui vient alors d’être sélectionné (avec 6 autres quartiers de la ville) pour bénéficier du Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (PNRQAD).

Le projet du réaménagement de Danton prévoit la destruction de la Maison d’arrêt du Havre et ouvre de nouvelles perspectives pour cet endroit de la ville, identifié péjorativement comme le « quartier de la prison ». La Maison d’arrêt est finalement démolie en 2011 et laisse une immense friche qui doit être comblée.

Face à ce qui s’annonce être une profonde rénovation du centre ville, les élus du Havre décident rapidement de dépasser le cadre de la concertation réglementaire qui doit durer trois semaines. Quitte à repenser intégralement le quartier, ils font alors le pari d’amplifier considérablement cette étape obligatoire : elle commence dès 2012 et s’est étendue jusqu’en 2015. Plus de 750 habitants vont y prendre part et 150 le feront de manière régulière.

Anticiper la future vie du quartier

Pour assurer la réussite de cette concertation ambitieuse, Le Havre a mis en place trois étapes pour mobiliser les élus, les services de la ville et les habitants du quartier.

  • Définition du projet : dès janvier 2012, des événements, des réunions publiques et des ateliers sont organisés afin de présenter le PNRQAD aux habitants et de les interroger sur leurs attentes. Il faut que le nouveau quartier soit ouvert aux activités et aux nouveaux logements tout en préservant son histoire et sa diversité. Trois projets sont présentés aux habitants. Celui qui est choisi est ensuite voté par le Conseil municipal puis validé par les services de la ville.
  • Conception du projet : au début de l’année 2013, les habitants participent à la conception des futurs espaces et équipements publics qui doivent remplacer la Maison d’arrêt. Ils sont aussi mis en relation avec les équipes d’architectes, d’urbanistes, etc. qui doivent peaufiner le projet présélectionné.
  • Finalisation du projet : pendant l’année 2014, les habitants sont invités à commenter les deux esquisses urbaines qui leur sont proposées. A l’aide des remarques des habitants, la ville et l’équipe d’urbanistes finalisent le projet au printemps 2015.

La concertation a duré trois années. La rénovation, qui a commencé en 2017 et devrait s’achever en 2020, devrait elle-aussi durer trois ans. Un temps qui peut sembler long, mais en procédant ainsi, la ville du Havre s’assure de la réussite de son grand projet urbain en répondant directement aux attentes des habitants, des futurs habitants et en assurant une vie de quartier, dès à présent. Elle revitalise considérablement son centre-ville, tombé en déshérence et innove en expérimentant de nouveaux habitats ; le quartier intégrera notamment une résidence sociale intergénérationnelle sur le modèle de celle que l’on retrouve à La Réole.

 

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