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La Ciotat (13) : Un terrain de foot au parfum d’olives

En janvier dernier, La Ciotat a inauguré le premier terrain de foot de France réalisé avec des noyaux d’olives broyés. Un choix écologique et sanitaire qui devrait bénéficier à tous les sportifs de la commune.

Par Nadège Hubert

Une légère odeur d’olives se dégage du stade Bouissou de La Ciotat (36 000 habitants). Pour redonner vie à son terrain stabilisé en terre, de moins en moins utilisé par les sportifs, la mairie a opté pour une innovation.

Quand j’ai présenté l’idée du remplissage de terrain avec des noyaux d’olives concassés, les équipes des services ont d’abord cru que c’était une plaisanterie mais très vite, elles ont adhéré au projet, se souvient Richard Molines, adjoint aux sports et à la jeunesse à La Ciotat.

Dans la commune, un habitant sur trois pratiquent régulièrement un sport et la ville manque parfois d’équipements pour répondre à la demande, surtout quand ces derniers souhaitent jouer sur un terrain noble, en pelouse ou synthétique.

Dans le stade Bouissou, la ville disposait jusque là de deux terrains, dont un en terre stabilisée. « Il était fait de terre, de sable et de petits graviers tassés. Bien qu’homologué, les habitants le fréquentaient de moins en moins tandis que l’autre, en synthétique, devenait trop sollicité. »

Après une phase de concertation avec les clubs de foot, le tissu scolaire, lui aussi utilisateur ainsi que la fédération française de football, l’adjoint opte pour un terrain synthétique.

« Un terrain naturel ne peut être utilisé en moyenne qu’une dizaine d’heures par semaine et demande un entretien particulier tandis que l’on peut pratiquer une vingtaine d’heures par jour tout au long de l’année sur un terrain synthétique. » Le synthétique présente également l’avantage de durer dans le temps, de 10 à 15 ans.

Un terrain innovant

Alors que le SBR première génération, en granulat et poudre de caoutchouc issue de pneu, défie la chronique avec les risques cancérigènes qui lui sont associés, la deuxième génération SBR se présente sous forme encapsulée dans de la résine pour éviter les émanations de résidus de la pétrochimie.

Pour l’heure, aucune étude ne montre que cette évolution du procédé ne présente de risques sanitaires. Pour autant, l’adjoint aux sports a cherché des alternatives au remplissage au SBR 2ème génération.

« Le marché public que nous avons lancé indiquait la vocation écologique que nous voulions pour le matériau utilisé en remplissage » précise Richard Molines.

Une solution en liège a été proposée à la mairie qui a décliné l’offre, jugeant le terrain trop proche de la mer.

« A 200 mètres à peine à vol d’oiseau, nous avions peur que le liège, volatile, n’atteigne la plage ou ne ruisselle jusqu’à la mer. Nous n’étions pas convaincus de la dimension écologique dans notre cas précis. »

Une solution en circuit court

La proposition d’un fournisseur local d’utiliser des noyaux d’olives concassés pour assurer le lit de lestage du terrain synthétique a attiré l’attention de l’élu.

Tout d’abord, il a fallu se renseigner sur la sécurité, la provenance, le caractère écologique et sanitaire de ce matériau. Après s’être assuré de l’homologation du procédé par la fédération française de football, cette option, plus coûteuse, a finalement été retenue.

Il faut compter environ 50 000 euros hors taxe supplémentaires mais le Maire a validé sans hésitation. Cette technique privilégie la santé des usagers et utilise un circuit court puisque ce sont des olives de Provence. Nous faisons tout pour limiter l’empreinte carbone dans la région.

Financé avec l’aide du département et de la région, la ville a pris à sa charge le surcoût engendré par le matériau choisi.

La mairie a inauguré le nouveau terrain du stade Bouissou suite à quatre mois de travaux environ un an après le lancement du marché.

Testé et approuvé

Intrigués par ce nouveau terrain réalisé avec des noyaux d’olives de Provence broyés, des visiteurs se rendent à La Ciotat. « Une délégation hollandaise est venue nous voir, accompagnée d’un joueur de foot professionnel pour tester le terrain. Il s’est montré surpris mais satisfait du résultat » confie Richard Molines avant de s’amuser : « Ils ont juste évoqué un léger parfum d’olive près du terrain ! » Le nouveau site devrait répondre aux besoins des usages pour les 15 à 20 prochaines années, soit un peu plus longtemps qu’un terrain synthétique classique. La municipalité n’exclue pas que d’autres équipements de la ville puissent profiter de cette innovation au moment de leur renouvellement tout autant que l’autre terrain de la commune encore en terre stabilisée.