La Communauté d’agglomération du Niortais élabore son Schéma de cohérence territoriale (SCOT) avec une volonté affichée de devenir un territoire à la fois attractif, durable et équilibré. Prévu pour être adopté en 2020, le document va fixer les règles d’urbanisme qui définiront les futurs projets d’aménagement.

Le SCOT, une ambition de territoire

Passée de 29 à 40 communes suite à la loi NOTRe, l’agglomération du Niortais a initié une démarche intégrant les évolutions climatiques et la nécessaire prise en compte de l’environnement dans le cadre de l’écriture de son SCOT.

Pour atteindre l’objectif fixé de faire de l’agglomération de Niort un territoire attractif, durable et équilibré, Jacques Billy, vice-président en charge de l’aménagement du territoire, du logement et des gens du voyage, s’appuie sur deux piliers : « Etre un territoire de référence du Grand Ouest dans la Nouvelle Aquitaine et au-delà mais aussi assurer un développement pérenne et soutenable. » Le territoire qui compte déjà 120 000 habitants, devrait en accueillir 16 000 de plus d’ici 2040. De nouveaux venus qui vont nécessiter la construction de 13 000 logements supplémentaires. 

 Jacques Billy, vice-président en charge de l’aménagement du territoire, du logement et des gens du voyage, Niort Agglo
Jacques Billy, vice-président en charge de l’aménagement du territoire, du logement et des gens du voyage, Niort Agglo

Construire autrement

Pour autant, dans l’agglomération, cette attractivité ne doit pas rimer avec extension à l’infini de la ville sur le foncier.
« Nous voulons réduire de 50% notre consommation foncière pour limiter la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers et préserver les corridors écologiques »explique Jacques Billy.

Si les obligations environnementales sont imposées par l’Etat, l’élu rappelle que cet objectif doit également tenir compte des efforts déjà fournis par les communes depuis le Grenelle de l’environnement. En effet, 7 des 40 communes du SCOT se sont déjà fortement engagées avec un PLU « Grenellisé » et depuis 2015, les élus ont accepté de réfléchir à un PLUI à l’échelle de l’agglomération. Pour mener ce travail et conduire son SCOT, le territoire niortais a choisi une démarche participative qui s’est étendue de 2016 au début de l’année 2019. « Nous avons mené 22 ateliers, 3 sorties terrain, 10 réunions publiques, 1 séminaire et 12 comités de pilotage qui ont réuni une quarantaine de partenaires publics, associatifs,… » précise le vice-président. Les réflexions ont amenées les élus à trouver des solutions pour assurer un développement du territoire sans négliger la dimension environnementale. Pour répondre au besoin en logement qui s’annonce, l’agglomération de Niort mise sur les dents creuses. « 30% de la population se trouve dans des zones désurbanisées, nous voulons y amener 30% de nouveaux habitants pour limiter la consommation de terres agricoles. » Avec un rythme de 650 nouveaux logements construits par an, la ville de Niort, cœur de l’agglomération, devrait en voir, à elle seule, 425  sortir de terre chaque année jusqu’en 2040. « Nous ferons la promotion des îlots de fraîcheur et nous serons exigeants sur les projets. » Géré par le service urbanisme avec 4 personnes référentes, le SCOT et sa dimension environnementale se conçoit logiquement de façon transversale avec les différentes composantes de l’agglomération. « Nous travaillons en lien avec le commerce, la mobilité, la culture, la santé, l’énergie… Pour avoir un regard global sur le projet de territoire. Ça demande du temps et de l’énergie. » 

Repenser les zones naturelles et les mobilités

L’intégration du développement durable au projet d’aménagement du territoire dépasse en effet le positionnement de futur logement. Ainsi, Niort intègre un coefficient de biotope à son SCOT. Cette part de la surface aménagée sera ainsi consacrée à la nature. « Nous veillons aussi à conserver notre patrimoine rural en protégeant les bocagères et sites remarquables. » La charte du parc naturel régional du marais Poitevin s’inscrit également dans la liste des éléments pris en compte par le SCOT, au même titre que les zones humides. Au registre des énergies, le solaire, la méthanisation et le photovoltaïque seront intégrés. « Nous fixerons des règles notamment pour les fermes photovoltaïques ou solaires afin qu’elles s’installent en priorité sur des sols non-réutilisables comme d’anciennes décharges. L’éolien sera quant à lui maitrisé pour préserver la valeur paysagère. » L’élu préfère privilégier les ombrières ou les toits d’immeuble pour réduire l’impact sur le paysage local.

 

Enfin, l’agglomération planche sur les mobilités. Alors que le bus est gratuit à Niort, les élus travaillent à renforcer l’accessibilité ferroviaire et le lien avec Bordeaux et Paris. « La gare Niort Atlantique deviendra un pôle multimodal » insiste Jacques Billy. Des aires de covoiturage, des chaînes logistiques pour réduire le flux routier devraient également contribuer à faire de Niort et son agglomération un territoire attractif, durable et équilibré. 

 

 

 

Vous aussi, exprimez-vous !

Please enter your comment!
Veuillez renseigner votre nom ici

quatre × 5 =