Rendre les citoyens acteurs de leur commune en leur donnant les moyens d’agir, tel était l’objectif du budget participatif mis en place aux Lilas en Seine-Saint-Denis. Mission accomplie puisque 11 projets, choisis par les habitants, vont voir le jour dans l’année.

45 propositions soumises au vote des plus de 15 ans

Un scrutin pas comme les autres attendaient les Lilasiens en septembre dernier. Les habitants de plus de 15 ans ont été invités à voter pour le projet citoyen de leur choix parmi 45 propositions. Le budget de 210 000 euros alloués par la ville à cette initiative va désormais être réparti sur les 11 initiatives arrivées en tête.

Pour Lionel Benharous, adjoint au maire en charge de l’éducation et des démarches participatives, les projets retenus s’inscrivent dans une démarche globale visant à intégrer les citoyens à la prise de décision. « Les habitants demandent plus de dialogue et de concertation. Les dernières élections présidentielles ont montré les aspirations de la population à participer d’avantage. Pour y répondre, nous avons mis en place des outils.

Présentation du budget participatif des Lilas

Une véritable enveloppe budgétaire pour les projets des habitants

Le budget participatif est l’un d’eux. En mars 2019, les 23 000 Lilasiens pouvaient exprimer leurs idées pour améliorer leur cadre de vie. Parmi les conditions imposées par le règlement, le projet ne devait nécessiter ni local, ni dépenses récurrentes, s’adresser à un maximum d’habitants et être réalisable avec un budget maximal de 60 000 euros.

Nous ne voulions pas que le budget alloué ne serve à financer qu’un seul projet, précise Lionel Benharous.

Les services de la ville ont ensuite examiné la faisabilité technique et réglementaire des 111 projets reçus avant l’été. Avec l’accord des porteurs, certains d’entre eux, similaires, ont été fusionnés. Le mois de septembre a été consacré à la phase de vote des habitants.

Un scrutin en ligne et papier pour en favoriser l’accès

En ligne ou par papier, 2 000 votants ont participé. La mairie a ensuite retenue les projets dans l’ordre des plus plébiscités jusqu’à épuisement de l’enveloppe budgétaire prévue, un peu moins de 10 euros par habitants. Parmi les 11 projets arrivés en tête, les habitants ont notamment choisi d’installer des tables de ping-pong dans les espaces verts de la ville, un jardin partagé, des bacs de jardinage pour les personnes à mobilité réduite, une fête de la ville avec un bal populaire et un pique-nique… « Ils concernent tous les quartiers de la ville.

Certains vont pouvoir être mis en place rapidement, d’autres vont demander un peu plus de temps mais tous seront réalisés dans l’année » s’engage l’adjoint au maire. L’équipe constituée de deux personnes chargée de la démocratie participative continue à travailler en lien avec les services concernés et les porteurs de projet pour que les idées deviennent une réalité. Elle assure ainsi la transversalité des projets avec les services techniques, des sports, ou encore de la culture.

« Y’a qu’à faire ça ! »

Pour Lionel Benharous, les Lilasiens se sont montrés enthousiastes devant cette expérience de budget participatif, qu’ils émettent une opinion ou qu’ils restent en retrait. Les craintes que le budget participatif ne soit accaparé par un quartier de la ville plutôt qu’un autre, ont été devancées par un règlement précis.

 Les Lilas est une commune mixte avec un centre-ville plus aisé que la périphérie. Pour être sûr que l’outil s’adresse au plus grand nombre, nous avons communiqué et intégré une dimension globale des projets au règlement. Au final, tous les quartiers de la ville sont représentés. 

Pour l’équipe municipale, le budget participatif a présenté un double avantage. Il a fait émerger des idées auxquels les élus n’auraient peut-être pas pensé tout en donnant un indicateur des aspirations des habitants. Les questions d’environnement ont ainsi été valorisées.

Par ailleurs, Lionel Benharous se réjouit d’avoir laissé la main aux habitants qui ont pu se confronter aux réalités que les élus vivent au quotidien. « On entend parfois les Lilasiens nous dire qu’il suffit de faire telle ou telle chose ou ils s’étonnent du temps nécessaire pour qu’un projet prenne forme.

Le participatif pour présenter les réalités des politiques publiques

Avec le budget participatif, ils ont pu se frotter à nos réalités réglementaires, aux délais administratifs… ». A travers cet outil, l’adjoint au maire en charge de la démocratie participative espère que certains habitants vont s’engager dans la vie locale. « Certains sont déjà très présents dans la vie politique ou associative mais avec le budget participatif, nous avons touché aussi ceux qui restaient un peu à l’écart. »

Pour Lionel Benharouse, les élus doivent accepter de laisser une partie de leur pouvoir, notamment budgétaire, au profit des citoyens. « De leur côté, ils doivent se former aux réglementations et se mettre dans une démarche de construction participative en intégrant les problématiques des élus, la gestion d’une commune… »

L’adjoint espère que ce premier budget participatif entièrement laissé aux mains des habitants ne sera que le premier acte d’un long processus.

 

 

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