Un PETR ambitieux : le Cœur-Entre-deux-Mers lance sa feuille de route

Des jeunes interrogés à la sortie du collège, des actifs entendus dans les allées du marché, des retraités saisis au vol : pour bâtir son projet de territoire, Ambition 2030, le pôle d’équilibre territorial et rural du Cœur-Entre-deux-Mers a mené une consultation la plus large possible.

Un PETR innovant et ambitieux

Ils sont un peu le pendant des grands pôles métropolitains : les pôles d’équilibre territorial et rural (PETR) ont été créés en 2014 par la loi MAPTAM pour offrir un cadre à la coopération entre les territoires ruraux. Le PETR du Cœur-Entre-deux-Mers, constitué en 2015, réunit ainsi cinq communautés de communes (un peu plus de 100 000 habitants) qui, à proximité de Bordeaux, partagent des préoccupations communes. Parmi celles-ci : la pression foncière due à l’arrivée, massive, de familles qui cherchent en dehors de la métropole un logement financièrement accessible.

En 2018, le PETR s’est lancé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement à moyen terme – ainsi que le prévoient les textes – avec un objectif : y associer le public le plus large possible. Plutôt que de s’appuyer sur les têtes de réseaux ou sur les responsables associatifs, le PETR a cherché à associer « les habitants lambda », explique Lise Capeyron, chargée de communication du PETR du Cœur-Entre-deux-Mers. « Nous nous sommes appuyés sur un cabinet, pour qu’il nous fasse des propositions » car, pour atteindre ce but, « il faut avoir l’habitude d’animer des réunions avec des citoyens », précise-t-elle.

Une concertation territoriale

Le cabinet a proposé deux réponses que le PETR a retenues : la réalisation de micro-trottoirs pour sonder les habitants et ainsi enrichir le diagnostic de territoire ; la constitution d’un panel de citoyens dont la vocation est, au sein du conseil de territoire, d’enrichir le travail de concertation.

« Nous avons réalisé les micro-trottoirs en novembre et décembre 2018, détaille Lise Capeyron. Nous sommes allés sur les marchés locaux, à la sortie des collèges, là où il y a du monde pour savoir quelle perception les habitants ont de leur territoire. » Au total, 300 entretiens ont ainsi été réalisés et consignés, qui ont permis de dresser un diagnostic précis. « Il faut que nous gérions mieux l’arrivée d’une population nouvelle, illustre Lise Capeyron. C’est en tout cas ce que nous ont dit les habitants. Ils constatent qu’on construit de plus en plus au détriment des espaces naturels, agricoles ou viticoles » – alors que, dans le même temps, le territoire dispose de logements ou de bâtiments vacants ou inoccupés qui pourraient être mobilisés.

C’est, sur ce territoire, un enjeu très fort. Entre 2006 et 2012, l’artificialisation des sols a progressé de 20% – contre 8% en moyenne en France.

« Les témoignages recueillis auprès des collégiens nous ont surpris, explique également Lise Capeyron. Ils nous disent qu’ils ne se voient pas rester et travailler sur le territoire. Beaucoup sont attirés par les feux de la métropole. Il est vrai que les jeunes savent que, dès la seconde, ils devront partir puisque nous n’avons pas de lycée. Mais c’est un souci pour nous. Il faudra trouver une solution. Peut-être en développant des logements adaptés à des jeunes adultes sans enfant ? »

Un diagnostic d’avenir

Le diagnostic et le projet de territoire, aujourd’hui en cours de finalisation, ont également fait l’objet d’une concertation au sein du conseil territorial, constitué de 35 personnes « lambda ». « Ce panel n’est pas représentatif », souligne Lise Capeyron. Pour le constituer, « nous avons fait appel au volontariat ». Les candidatures ont été retenues en « essayant de respecter une certaine parité homme-femme » en même temps qu’une représentativité de l’ensemble du territoire.

Le conseil territorial s’est déjà réuni trois fois. Ses membres ont notamment « formulé des pistes d’actions » en lien avec les enjeux que le diagnostic a permis de dégager. Le projet final devrait être prêt cet été pour être adopté avant la fin de l’année. Il comprendra de nombreuses actions en lien avec le développement de l’économie locale – de l’agriculture vivrière par exemple. En attendant son adoption, « cela ne nous empêche pas d’avancer », précise Lise Capeyron. Le PTER s’est engagé, tout récemment, dans un projet alimentaire territorial.

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