La Fabrique à initiatives accompagne les territoires pour identifier leurs besoins prioritaires et mettre en face des solutions s’inscrivant dans l’économie sociale et solidaire. Dans une commune, un département ou une région, le dispositif, imaginé par l’association Avise, repère les potentiels à développer. 

Repérer des structures locales pour porter des actions

Présente dans 19 régions, dont 11 en cours d’expérimentation, le réseau national de la Fabrique à initiatives s’appuie sur des structures locales pour mener son action. Instaurer une mobilité durable, créer un restaurant d’insertion ou un garage solidaire, imaginer une conciergerie sénior ou une auto-école sociale, contribuer à installer un restaurant traiteur coopératif, réinstaller du commerce de proximité… La Fabrique à initiatives intervient dans tous les champs d’activité comme le souligne Bérengère Daviaud, chargée de mission chez Avise, agence d’ingénierie à l’initiative du dispositif. « La collectivité identifie une problématique et la Fabrique à initiatives du territoire s’en saisit pour imaginer des solutions. » 

Créé en 2010, cette action de l’Avise a obtenu des financements européens, ministériels mais aussi de la Banque des territoires (Caisse des dépôts) pour remplir cette mission relevant de l’intérêt général. Si le service d’ingénierie proposé par Avise est gratuit, chaque territoire a défini son propre modèle économique. « Une collectivité peut directement nous contacter et selon ses problématiques nous lui apporterons une expertise ou nous l’orienterons vers le bon interlocuteur près de chez elle. » Un quartier prioritaire peut également prétendre au même titre qu’un village isolé à l’ingénierie du dispositif.

Devant l’exemple d’un local vacant dans une commune, Bérengère Daviaud explique la démarche. « Nous allons réfléchir aux différentes utilisations possibles, interroger les habitants sur les manques du territoire, rencontrer les acteurs locaux pour proposer des réponses à l’échelle de l’économie sociale et solidaire. » Impulser des projets innovants, tel est le défi que relève la Fabrique à Initiatives.

 

Œuvrer ensemble dans l’intérêt commun

Une collectivité mais aussi un acteur du territoire comme une grande entreprise engagée, désireuse de se connecter à son environnement peuvent  solliciter la Fabrique à initiatives.

« Le dispositif est un outil au service du territoire, tout le monde peut s’en saisir et s’appuyer sur l’expertise des chargés de mission, de véritables couteaux suisses, capables de penser comme des entrepreneurs ou encore des gestionnaires de projets » sourit Bérengère Daviaud.

Dans le bordelais, une fédération de structure d’insertion a ainsi sollicité la Fabrique à initiatives locale pour répondre à une problématique précise : « La plupart des métiers de l’insertion s’adressant aux hommes, plusieurs acteurs du champ de l’insertion par l’activité économique (IAE) de la Région Nouvelle-Aquitaine réfléchissent à de nouveaux supports d’insertion à destination des femmes. »

L’un des besoins identifiés concerne les femmes en situation de précarité, vulnérables et sujettes à la dévalorisation de leur image et à la perte d’estime de soi. Les équipes locales ont étudié le sujet et l’institut de beauté solidaire Princ’ESS a vu le jour.

La Fabrique à initiatives creuse les idées jusqu’à trouver la bonne pour engager une dynamique de territoire. « Quand une collectivité manque de temps ou de moyens face à un besoin, elle peut se retrouver bloquée. Nous imaginons alors collectivement des réponses nouvelles à un besoin prioritaire. »

Quel accompagnement pour les porteurs de projet ?

Concrètement, un premier échange téléphonique, selon les modèles de Fabriques réparties sur le territoire, permet d’identifier la pertinence de l’intervention du dispositif. Si tel est le cas, un partenariat s’enclenche avec l’interlocuteur. Les actions sont alors menées de façon transversale avec l’ensemble des services concernés au sein de la collectivité ou de l’entreprise instigatrice.

Parmi les exemples, celui de la maire de Saint-Pierre-de-Manneville, 800 habitants (Seine-Maritime), souhaitant réimplanter une activité économique dans le village, a réalisé une étude auprès des habitants afin de définir leurs besoins : la commune est affectée par l’attractivité de Rouen et désertée par ses commerçants.

La population vieillissante en souffre et souhaite l’ouverture d’un commerce de produits et services de première nécessité pour éviter de se rendre dans des grandes surfaces en voiture.

Par ailleurs, les habitants déploraient également le manque de lien social et regrettaient de ne pas avoir un lieu pour se rencontrer et échanger. En 2017, une conciergerie a ouvert ses portes, proposant des services de proximité et des produits locaux, tout en étant un lieu de vie et de convivialité.

Malgré les réussites, il n’est pas toujours simple pour les élus d’assimiler la démarche d’Avise et de sa Fabrique à initiatives. Longue parfois, elle demande à réinterroger les idées des élus pour les confronter au territoire. Une fois amorcée, il faut ensuite trouver le bon porteur de projet pour le faire vivre. A terme, les territoires gagnent une valeur ajoutée sociale et sociétale et sont susceptibles de voir émerger un nouvel entrepreneuriat, des activités nouvelles autour de la co-construction. 

Vous aussi, exprimez-vous !

Please enter your comment!
Veuillez renseigner votre nom ici

quatorze + 16 =