Chez MonMandatLocal.fr, lundi rime avec « coulisses des campagnes électorales ».

Delphine, 40 ans, colistière sur une liste d’une commune de 15 000 habitants en campagne pour les prochaines élections, se prête aujourd’hui à l’exercice et nous raconte comment elle a vécu sa première expérience de tractage sur le marché.

Vaincre ma timidité

Lorsque j’ai accepté de rejoindre la cheffe de file pour les prochaines élections municipales, j’étais sereine et enthousiaste à l’idée de porter un projet dans lequel je me retrouvais parfaitement.

Ma seule inquiétude, étant d’un caractère très réservé, était de devoir prendre la parole en public. Avant de passer l’épreuve du feu de l’animation de réunion publique, notre tête de liste m’a donc proposé de m’exercer à défendre notre projet en tractant sur le marché de la commune.

Le dimanche suivant, je me suis donc rendue sur le marché accompagnée par trois autres militants chevronnés. Tracts en main, j’étais pétrifiée à l’idée de déranger les habitants en plein marché. 

Une dame a fini par s’avancer vers moi, sûrement un peu prise de pitié face à mon air catastrophé, et a passé une dizaine de minutes à m’interroger sur notre programme pour les municipales. 

Ainsi mise en confiance face à son intérêt, je me suis instantanément débloquée et me suis mise en tête d’échanger avec plus de 20 personnes dans la matinée.

Agacer les commerçants est parfois inévitable

Prise par une discussion animée, devant les fruits et légumes, avec un groupe de 5 personnes vivement intéressées, j’ai commencé à sentir poindre l’agacement du commerçant du stand.

Au bout de cinq minutes, celui-ci a commencé à grogner et à nous suggérer de manière peu commode de « dégager de son stand ». 

Un peu choquée par sa réaction, j’ai pris le parti de l’interpeller en lui demandant s’il vivait sur la commune et ce qu’il attendait des prochaines élections municipales. En effet, je ne suis pas membre d’une liste de candidats sortants et donc encore peu identifiée sur la commune.

Surpris d’être ainsi pris à parti, il a fini par se prêter au jeu et prendre part à la conversation. 

Apprendre à cohabiter

Ce jour-là, j’étais loin d’être la seule à m’être lancée dans une mission de tractage. L’équipe municipales sortante était là et en nombre, bien décidée à ne pas nous laisser la place et à s’imposer. 

Plutôt que d’entrer en conflit avec eux, nous avons fait le choix avec mes accompagnateurs d’être d’autant plus pro-actifs, de nous répartir sur l’ensemble du marché et de ne pas entrer en confrontation directe avec l’autre liste. 

Même si je n’ai pas pu m’empêcher de les alpaguer occasionnellement en leur demandant ce qu’ils pensaient de nos projets et s’ils n’étaient pas trop déçus de ne pas y avoir pensé avant, l’ambiance est restée bon enfant.

Prendre plaisir à échanger

De cette première exercice, qui est devenu hebdomadaire depuis, je retiens que les habitants de ma commune d’abord méfiants lorsque je les approche, sont finalement ravis d’échanger du moment où je leur demande un avis et ne me contente pas de leur tendre le tract.

Pour moi, tracter sur le marché est une excellente occasion de prendre la température du territoire, de tester nos idées et parfois même de les réinventer en fonction des retours. 

C’est une phase incontournable de la commune qui m’a depuis permis d’être bien mieux identifiée par les habitants.

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